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Pour une construction de situations en design graphique

Guy Debord annonçait en 1960 que l’idée centrale de l’Internationale Situationniste était la «construction de situations» au sens «d’ambiances momentanées de la vie». Au delà de la production de formes qui seraient appréhendées seulement sur un mode contemplatif, il s’agissait selon lui de produire des situations «émouvantes», au sens d’expériences sensibles vécues collectivement. L’utopie situationniste entendait révolutionner la culture, c’est-à-dire «les possibilités d’organisation de la vie» en s’opposant à la société du spectacle.

Penser la situation dans le champ du graphisme, c’est se questionner à la fois sur le rapport qu’entretient le design graphique avec l’environnement dans lequel il s’insère et la manière dont les objets graphiques existent dans un moment et un endroit donnés. Cela revient évidemment à interroger la relation du designer graphique avec le milieu qui conditionne la réalisation de ses projets et sa responsabilité éthique, politique et culturelle face à ce contexte. Par ailleurs, la notion de situation implique l’existence de troubles, de tensions, voire de conflits («we have a situation here»). Se pose alors la question du format, du mode d'intervention et en somme des formes les plus adaptées pour un graphisme situé. Ainsi, il s’agit d’interroger la situation à la fois comme ce qui conditionne la crise et comme élément de résolution et acte de communication vécu collectivement.

Cette journée de conférences se propose dans un premier temps de poser un regard critique sur le design graphique situé, à la fois au sens spatial et au sens d’un positionnement du graphiste. Elle sera aussi l’occasion de s’interroger sur «la situation en design graphique» comme format de communication et modèle de production et de diffusion pour le designer. En confrontant les formes graphiques à l’enjeu anthropologique de la performativité du visuel, il s’agira donc de comprendre les formes et modalités d’action du design graphique dans l’espace social.

 

Parler de « situations graphiques » aux Grands Voisins

L’Amphithéâtre des Grands voisins où se dérouleront les conférences, anciennement destiné aux cours magistraux de médecine de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul, a réouvert au public il y a plus d’un an avec pour ambition de diffuser un savoir multiple et transversal. Le projet Les Grands Voisins est coordonné par trois structures publiques : Aurore *** , Yes We Camp et la SCOP Plateau urbain. C’est une expérience urbaine culturelle, artistique et solidaire où se croisent chaque jour 1500 personnes travaillant ou habitant sur le site. L’identité graphique y est pensée en relation étroite avec les espaces et l’histoire du site, à partir d’éléments trouvés ou créés sur place. Les Grands Voisins, en tant que situation urbaine provisoire, se pose alors comme le lieu idéal pour penser un graphisme situé à la fois formellement, conceptuellement et idéologiquement.

 
 
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Max Bonhomme, Léonore Conte et Pauline Escot remercient l’association Design en Recherche, l’EDESTA et le laboratoire AI-AC ( TEAMed et EPHA  Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis) pour le soutien financier et technique de cette journée, Graphisme en France (CNAP) pour l’aide à la communication, Catherine De Smet pour le suivi, Thomas Bouville pour son expertise et Les Grands Voisins pour l’espace d’accueil et la communication sur site.

- Design en recherche (Réseau des jeunes chercheurs en design)
- EDESTA (École Doctorale Esthétique, Sciences et Technologies des Arts)
- Graphisme en France (CNAP)
- Laboratoire AI-AC (Arts des Images et Arts Contemporains)
- Équipes de recherches TEAMed et EPHA
- Les Grands Voisins
- Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis

 
 

Max Bonhomme

Diplômé de l’Ecole du Louvre et doctorant en histoire de l’art à l’Université Paris-Nanterre / Labex Arts-H2H, sous la direction de Rémi Labrusse et Christian Joschke. Sa thèse porte sur les usages politiques du photomontage dans la France de l’entre-deux-guerres. Dans l’optique d’une histoire graphique de la presse politique, ses recherches interrogent les formes du graphisme militant, qui engagent nécessairement une collaboration entre amateurs et professionnels de l’image.

Léonore Conte

Léonore Conte est diplômée de l’École Estienne, de l’ENS de Cachan et agrégée d’Arts Appliqués. Son travail porte sur le langage graphique et ses formats de publication. Depuis 2015, elle se consacre à un projet de doctorat en design graphique, sous la direction de Catherine de Smet et Jean-Philippe Antoine, portant sur les manifestes, programmes et déclarations en design graphique de la fin du XIXème à nos jours et leur contribution aux systèmes de pensée et d’action de la discipline. (laboratoire AI-AC de l’EDESTA, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis)

Pauline Escot

Pauline Escot est doctorante en histoire du design graphique (laboratoire AI-AC de l’EDESTA, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis) et mène une recherche sur les responsabilités esthétique et sociale du designer graphique dans la ville contemporaine, sous la direction de Catherine de Smet. Graphiste et agrégée d’Arts Appliqués, elle est aujourd’hui membre de l’association Yes We Camp avec qui elle travaille sur le projet des Grands Voisins, terrain pratique de sa recherche où elle coordonne la communication graphique.